Expositions

 

 

 

Les Photographies présentées sur ce site, sont extraites d'expositions,
qui sont disponibles prêtes à l'accrochage, 
elles sont livrées encadrées et expédiées dans leurs caisses.

"Collection actuelle 2000 Photographies"

Format image

40/50, montées sur Marie Louise et cadre 60/80.
1,10 m x 1, 50 m, sur plaque bois.
2,50 m x 3,00 m, sur bâche.

Renseignement

Pour toute information (contenu détaillé, des expositions, vente, revue de presse, stages, etc.) 
Un "CD"est mis à la disposition des organisateurs de manifestations culturelles, 
musée, galerie, association, etc.
vous pouvez me contacter par e-mail.
 

j-baris@wanadoo.fr

 

 

Corps à Corps

 

 

 

De la photographie en noir et blanc, il faut toujours considérer aussi le négatif de sorte que la femme et l'homme tour à tour deviennent l'un à l'autre " la larme blanche dans l'antre noir ".

Et blancheur et obscurité ne cessent de s'habiter l'une et l'autre, de se rechercher, sans jamais se dépendre, et sans jamais se prendre, dans une perpétuelle culbute. D'où ce jeu sans doute, de protubérances et d'angle, où dominent les articulations; sorte de machine toute en mâchoires, tenailles, pinces et crochets; quadrupède métallurgique, encoudes, genoux, vertèbres - atlas, chevilles entrecroisées. Sorte d'araignée qui ne parviendrait pas à s'emprisonner, se ressaisissant sans se pouvoir saisir.

" Et les ténèbres ne l'ont pas comprise ".

Elles n'ont pas donné prise, malgré tant de mains d'oiseau de proie, des mains qui glissent sur la laque et le brillant de la photographie . Interférence de l'épiderme et de la pellicule. Nous ne saisissons que des images. Nous ne broyons que du noir. De telle manière que le couple devient idole, né dans l'ombre de la chambre noire ou environné du nimbe des éclairages. Idole rigide, emboutie, immobilisée dans un enchevêtrement, qui n'a ni haut ni bas. Aussi bien la nudité devient elle chasteté dans la rigueur de la pose.

Et somme toute, le noir, toujours, fait très habillé.

 

Bernard Manciet. "extrait "

 

 

Les jardins sidérurgiques

 

 

 

 

Ici était le feu. Les hommes partirent.
Certains crurent au silence, d'autres entendirent l'appel qui montait des grandes constructions abandonnées.

Le plus courageux, ou le plus triste, que ne rebutait pas les ferrailles et les maçonneries usées par le labeur des hommes et du temps, fit jaillir de l'ombre les secrets insoupçonnés des architectures que tous croyaient vouées à l'ordre violent et rigoureux du brasier.

Il déchiffra les messages abandonnés aux poussières, les pauvres signes de l'habileté et de la force, l'humus des vies enfuies.
Il arpenta les couloirs encombrés de pierres éboulées, les escaliers vertigineux : il était patient, attentif à ne pas effaroucher la chimère noire qu'il conduisait à la lumière.
Cette femme a le regard mélancolique des passantes qui cherchent à ne rien oublier de la vie que des hommes ont laissé sur les murs qui s'effritent, sur le métal orgueilleux où s'écorche la paume trop tendre de la main qui tâtonne.
Esclave ou régnante, souveraine éphémère de ce royaume obscur, chacun de ses gestes appartient à la liturgie d'un désir qui mêle l'espérance à la nostalgie.
Eve, tel est son nom, préside aux métamorphoses qu'inventent ces alliances fragiles quand la chair envie au métal la beauté qui nait de l'usure et de la rouille, quand le sein frêle s'abandonne moins à la lumière qu'à la caresse inconnue de l'ombre où s'abrite des géométries inquiétantes, quand le flanc des turbines parait voler au ventre offert sa grâce.

Orante plus que guide, Eve féconde l'inerte, la nuit qui monte des vastes citernes. Elle apprivoise des tourments qui n'ont plus de nom, elle mime un chant qui vient du plus profond de l'être : plainte de la chair et de la terre, attente de la vie...

Une dernière fois des lueurs jaillissent, bondissent, jouent, s'élancent..., des formes glissent, s'accordent...Une dernière fois s'accomplit le mystère des noces.

Il n'y a plus rien aujourd'hui.

Nous pourrions croire avoir rêvé. Plus qu'un témoin Jacques BARIS est le démiurge de cet univers de tendresse et de mélancolie, de sensualité et de force : il sait traverser l'obscurité et ses songes pour vaincre l'oubli.

Quand de toute existence ne survit que son adieu au monde, son amour du monde un jour dérobé, il en recueille la trace unique.

 

Jean-Michel Valençon.

 

 

Eve

 

 

 

S'il est vrai que du songe obscur au premier homme est issue la pâleur rayonnante d'Eva, il doit être également vrai que, par une inversion en Avè, celle qui est noire a conçu dans son aube la lumière.
" je suis noire et pourtant belle", dit le cantique,
auquel Shakespeare rétorque " j'ai pensé que tu es claire, toi aussi sombre pourtant que la Nuit, par quoi le meilleur ange est un homme très clair ".
Bernard Manciet. " extrait "

 

 

L'étreinte des songes

 

 

 

 

Anges et couples sont des alliances où l'inépuisable du désespoir, l'inépuisable de l'attente introduisent au coeur de nos existences une étrangeté grisante douloureuse...
Plongé dans la boue féconde des nuits et des songes le photographe perpétue une genèse où l'effroi comme la reconnaissance ont leur place.
Entêté, lucide, il ne cherche pas l'envers du réel mais tente d'extraire d'un peu de chair, d'un peu de lumière et d'ombre, d'un peu de temps, l'énigmatique présence de ce qui est à la frontière fragile du vivant et du néant.

Jean Michel Valençon. "extrait"

 

 

 

 

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